Le syndrome du « Musician’s Musician » : Hommage à Andy Bey.

Nicolas Folmer salut Andy Bey par Pierrick Favennec
Nicolas Folmer

Adieu Andy

par Pierrick Favennec 03 2026

« Le 26 avril dernier, le jazz a perdu l’un de ses secrets les mieux gardés. Andy Bey s’est éteint à 85 ans. On parle souvent de lui comme d’un « Hidden gem » (un joyau caché), un de ces artistes que l’on qualifie de musiciens pour musiciens.
Enfant prodige de Newark, celui que l’on surnommait « The wonder boy » a gravé son premier 78 tours à 12 ans, avant de croiser la route des plus grands : de Max Roach à Horace Silver, en passant par Archie Shepp et Stanley Clarke. Capable de passer d’un grave abyssal à un falsetto cristallin, Andy Bey a traversé les époques (du hard bop aux revendications du Black Consciousness, jusqu’au funk d’avant-garde) sans jamais chercher la lumière des projecteurs à tout prix.
Après un silence discographique de près de vingt ans, le public l’a redécouvert à la fin des années 90, nu et sans artifice, s’accompagnant lui-même au piano. Une authenticité brute, sans filtre, à l’image de sa reprise vertigineuse de River Man de Nick Drake. Andy Bey n’était pas dans la représentation ; il était dans le son. »

« Cette trajectoire de l’ombre lumineuse et cette intégrité absolue posent une question essentielle sur la scène jazz d’aujourd’hui : quelle place laissons-nous à l’essence de la musique, loin du vernis de la communication ?
Fuir les mondanités, refuser les médailles institutionnelles pour privilégier l’établi du compositeur, c’est le choix d’artistes qui, comme Andy Bey hier, placent l’exigence au-dessus du paraître. C’est exactement le sillon que creuse Nicolas Folmer. »

« Trompettiste adoubé par ses pairs (de Michel Legrand à Archie Shepp), Nicolas Folmer partage ce même refus du compromis. Sur scène ou en studio, pas de posture lisse ni de costume de parade. L’habit importe peu quand la mélodie est reine. Dans ses projets récents, on retrouve cette même quête d’une musique organique, ultra-lisible mais redoutablement exigeante, pensée par un authentique artisan du son pour un public qui cherche la vérité plutôt que le spectacle. »

« Une approche de la scène résolument ancrée dans le présent, brute et sans fard. »

Matière à réflexion

Nicolas Folmer donne matière à réflexion à Pierrick Favennec le critique musical et chroniqueur de jazz français.

SO MILES 2 en concerts Nicolas Folmer
Le Folmer Club de Jazz et musiques actuelles programme de concerts dans le Var, à Toulon et ailleurs
Pack CD So MIles plus Photographie Dédicacée par Nicolas Folmer
Pack CD So MIles plus Photographie Dédicacée par Nicolas Folmer
RSS infos automatiques
Partager sur Instagram
Suivre par mel

Pin It on Pinterest

Share This